Un Breton né à Paris, ayant son foyer en Suisse mais expatrié temporairement au Maroc, qui se mêle de ce qui vous regarde. Sans logique aucune, en toute subjectivité.
jeudi 29 novembre 2007
Sarkoz' dans le poste
dimanche 25 novembre 2007
Et si l'ennemi était con?
vendredi 2 novembre 2007
Ils s'appelaient "Faits Divers"
- Que le Quai d'Orsay était au courant et qu'il a cherché à dissuader les responsables de l'ONG de se lancer dans l'opération (avec succès, visiblement)
- Que l'Armée Française a apporté, à un moment donné, un soutien logistique à ladite ONG (où quand le dispositif "Epervier" vient en aide aux étourneaux)
Enfin, parmi les dix-sept - désormais inculpés au Tchad de chefs d'accusation qui peuvent leur valoir les travaux forcés - ô rage, ô désespoir, trois journalistes. S'il y avait eu parmi les inculpés trois charcutiers, trois employés de La Poste ou trois funambules du cirque Bouglione, il y a fort à parier que le tapage médiatique eût été un peu moins sonore... Mais un journaliste, c'est sacré, "çà ne fait que son métier". Çà peut bien aller s'acoquiner avec la pire bande de branquignols pour décrocher le scoop garanti 100% émotion à la une de "Match", dès que çà chie un peu, hop, pouce, c'est pas moi, m'sieur, je leur avais dit, pourtant, que c'était pas bien... Décidément, n'est pas Florence Aubenas qui veut. Mais rassurons-nous: aux dernières nouvelles ("Libération", ce jour), le Président Déby est "prêt à faire un geste" pour les journalistes, bonne volonté à laquelle un certain nombre de coups de fils de notre Président à nous (enfin, façon de parler, appelons-le plutôt le Président Crédy, hyper-méga-solvable depuis qu'il s'est fait voter une augmentation de 140%) ne sont sans doute pas étrangers. Il est comme çà, Nicolas, c'est tout lui, çà. Un truc bien couvert médiatiquement? Hop, il met son grain de sel. Son gouvernement a visiblement merdé sur ce coup-là: comment se fait-il que les Affaires Etrangères "dissuadent" tandis que la Défense "apporte un soutien logistique?" Plutôt que de décentraliser les Conseils des Ministres en Corse ou sur la Lune, il conviendrait d'inciter ces derniers à vaguement échanger de l'info, de temps à autre. Mais peu importe, les médias s'excitent sur le sort injuste fait aux journalistes, alors Sarko prend son téléphone et s'efforce de les tirer d'affaire. Pour les autres "innocents" (l'équipage Espagnol de l'avion "sauveteur") on verra plus tard. Pour sûr, ç'aurait été un job en or pour Cécilia, çà, les Espagnols... Oui mais voilà, a p'us, Cécilia, c'est con, la vie. Quant aux accusés "légitimes" - les membres de l'ONG - après que Sarko ait vertement "condamné" leur initiative, il demande au Président Tchadien que soit respectée "la présomption d'innocence". Allez comprendre. Quoiqu'il en soit, plusieurs choses me paraissent dignes d'être relevées dans cette histoire:
- La première, c'est que tout le monde (à part l'UNICEF) se contrefout des 103 gamins. Qui sont-ils, d'où viennent-ils, va-t'on les ramener à leurs proches, quels intermédiaires locaux foireux les ont mis dans cette galère? On sait désormais qu'ils sont tous Tchadiens, mais le seul commentaire qu'on peut glaner çà et là c'est un truc sarcastique du genre "oui, mais bon, l'état-civil, dans ces pays-là..." Comme si, après tout, l'important c'était qu'ils soient noirs d'Afrique, donc malheureux, donc dignes d'intérêt pour les bonnes âmes de nos contrées. Ils n'ont pas vraiment de nom, dans quelques années on dira qu'ils s'appelaient "Faits Divers", comme dans la chanson du groupe "Téléphone"
- La deuxième, liée à la précédente, c'est que pour un certain nombre de nos contemporains - encouragés entre autres par un certain Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères dont le silence est assourdissant, ces jours-ci - l'Afrique constitue une espèce d'immense terrain libre pour satisfaire des pulsions de générosité. L'Afrique souffre, c'est indéniable, de multiples maux, et ce qu'on appelle "le drame du Darfour" en est un exemple probant. Alors oui, il y a plein de gens sincères qui veulent "faire quelque chose", et toutes les ONG Françaises d'aide à l'Afrique ne sont pas des "Arches de Zoé", loin s'en faut. Mais nous vivons des temps où la compassion des uns (des citoyens de base) vient opportunément masquer le cynisme des autres (les dirigeants d'ici et de là-bas) dans le tourbillon du "spectacle du monde". Nous vivons des temps où le sentiment d'urgence dans cette compassion balaie toute réflexion. C'est comme çà qu'on se retrouve à gérer une bande d'imbéciles au grand coeur (dans le meilleur des cas) qui estiment légitime, envers et contre tout, d'aller "sauver" l'Afrique sans lui demander son avis.
- La troisième, un poil plus anecdotique, mais tout de même, c'est qu'alors qu'on expulse des petits et des grands Africains à tour de bras, jour après jour, au nom d'une impossibilité à "accueillir toute la misère du monde" comme disait Rocard, on sent entre les lignes des commentaires des médias et des dirigeants comme un regret que le fameux avion ait été intercepté avant son décollage: "merde, un peu plus, c'était bon, quel salaud cet Idriss Déby". Dites-nous donc, cher Brice Hortefeux, les 103 gamins, ils auraient automatiquement eu le statut de réfugié? Aurait-il fallu leur faire passer je ne sais quel test ADN? Le simple fait de venir du Darfour (ou presque) présente-t'il un caractère dérogatoire aux lois qu'impose à vos yeux la vigoureuse défense de notre "Identité Nationale"? Mais vous n'étiez certainement pas au courant de cette histoire, personne ne se parle, dans ce gouvernement... Y en a un qui doit bien rigoler, c'est Charles Pasqua: en 1986, tout le monde lui était tombé dessus parce qu'il avait fait expluser par charter 101 vrais Maliens. Aujourd'hui, le Président en personne, son ancien poulain, fait des pieds et des mains pour qu'on ne maltraite pas trop des gens qui s'apprêtaient à faire entrer par charter 103 faux Soudanais. Autre époque...
Cette affaire, il est encore difficile d'en imaginer le dénouement. Ce qu'on peut en tout cas remarquer, aujourd'hui, c'est qu'elle constitue une belle métaphore des quarante années et plus de "politique Africaine" de la France et, au delà, du regard de beaucoup de Français sur l'Afrique: un subtil mélange d'ignorance, de sordide et de pathétique.
Ciao, belli.
vendredi 19 octobre 2007
L'Europe par le bas
Au départ le constat, d'évidence, du blocage des institutions suite aux refus exprimés par référendum par les français et les hollandais - dans le contexte d'un élargissement aussi bien anticipé que l'après-Saddam par l'administration Bush -et de la nécessité d'en sortir.
Fil conducteur de la réflexion Sarkozyenne: pas la peine de refaire la copie et de la soumettre de nouveau au suffrage du peuple, çà prendrait bien trop de temps et puis, admettait-il benoîtement, "les français ont déjà dit non" alors le plus simple était de ne plus leur poser la question.
A l'arrivée: un "truc" qui apparemment modifie les règles de décision, redéfinit le nombre de commissaires par pays, et qui institue une présidence stable pour l'Union. Le tout a été signé la nuit dernière, et la chambre bleu-UMP est instamment priée de nous ratifier tout çà avant décembre, comme çà c'est fait c'est plus à faire et hop, on passe à autre chose.
Bon.
Tiens, au fait, Cécilia et Nicolas, c'est fini / Ouah, eh l'autre, eh, on s'en fout!
Beau succès pour Nicolas, clame la Droite. Pensez-donc: par la seule force de la volonté de son génial Président, la France "débloque l'Europe", rien que çà. "Le triomphe de la volonté", serait-on tenté d'éditorialiser au "Figaro", si l'expression n'avait déjà été utilisée par Leni Riefenstahl à propos du congrès nazi de Nuremberg, en 1935.
De fait, ce traité devrait quelque peu fluidifier le processus de décision au sein des 27. Enfin, pas tout de suite, tout de même: les polonais ont obtenu que la règle de décision à la majorité qualifiée ne s'applique qu'en 2017, voire 2019. Autant dire qu'on a le temps de voir. Çà devrait permettre aux jumeaux hydrocéphales à la tête de ce pays d'éviter qu'une quelconque décision européenne ne vienne contrarier leur belle législation anti-avortement avant longtemps. Le Vatican respire.
Pour négocier, c'est comme pour faire l'amour ou la guerre, il faut être au moins deux, m'objectera-t-on. En l'occurrence on est vingt-sept donc, forcément, aucune chance qu'un seul des participants ne soit pleinement satisfait. C'est la culture du compromis. Et vaut mieux çà que rien du tout, et gna gna gna.
Non, mais j'déconne pas: divorce par consentement mutuel / Et alors? On s'en tape, qu'on te dit!
Le problème c'est que, justement, il faille "négocier" à vingt-sept. Le problème, c'est cet élargissement, uniquement motivé par la perspective d'un "grand marché" au détriment d'une construction politique supranationale, un "grand marché" qui se fout de la volonté politique des peuples et qui se contente de leur consommation. A ce sujet, un grand merci à Lionel Jospin, le "sage" qui donne des leçons à tout le monde, qui a approuvé au nom de la France cet échafaudage suicidaire. Il eut fallu - et nombreux furent les clairvoyants à le dire - d'abord approfondir sur le plan "fédéral" l'Europe existante (au risque de laisser la Grande-Bretagne s'en éloigner, et alors?) puis, au cas par cas, élargir sur la base d'un "contrat" politique à prendre ou à laisser. Au lieu de çà, on a laissé s'agréger cette usine à gaz ingérable. Là-dessus vint se greffer le projet de "constitution" mitonné par la commission Giscard, suffisamment abscons dans son expression pour faire fuir les Européistes les plus convaincus, tout en étant assez détaillé sur le fond pour donner des arguments aux souverainistes de tout poil. D'où le "non" franc et massif en France et aux Pays-Bas. Et le blocage actuel.
Il paraît qu'ils ont essayé très fort, mais que vraiment c'était plus possible / Putain, mais çà m'en touche une sans faire bouger l'autre, là, tu vois?
Nicolas Sarkozy n'est certainement pas responsable de cette situation. Mais sa "solution" pour en sortir - un "mini-traité" - a été l'un des arguments-clés de sa campagne. Passons sur le fait - qui fait dès aujourd'hui hurler les "nonistes" sur le blog de Libération.fr - de se passer de l'approbation du peuple sur un sujet que, visiblement, le peuple a à coeur, vu le taux de participation au référendum de 2005. Passons sur les "cocoricos" qu'on ne va pas manquer de nous asséner, passons enfin sur les "Voyez, Monsieur d'Arvor, moi je vous le dis, quand on veut, on peut" que nous ne manquerons pas d'entendre prochainement sur TF1.
Mais tout de même, il y avait deux manières de sortir du blocage institutionnel: par le haut, et par le bas.
- Par le haut, c'eût été d'imaginer une Europe politique à plusieurs vitesses, d'emblée, et surtout de définir en priorité le périmètre et les ambitions de son "noyau dur" (France, Allemagne, Espagne, Italie, Bénélux...). Et d'aller au "conflit" avec la Grande-Bretagne, la Pologne et les autres pays traditionnellement centrifuges/américano-centrés si nécessaire. C'eût été de définir une vraie Constitution (5 à 10 pages, pas plus), exclusivement dédiée aux grands principes humanistes et démocratiques inventés par les natifs de ce continent, à des règles de décision et aux équilibres entre les institutions (Présidence, Commission, Parlement, Cours de Justice). Et de faire valider le tout par un référendum conduit simultanément dans chacun des pays-candidats. Puis de l'appliquer dans les pays ayant voté "oui"
- Par le bas... c'est exactement ce qui vient de se passer à Lisbonne. Un "machin" imbitable ménageant la chèvre slovène et le chou polonais. Par le bas, c'est l'option choisie par notre génial Président. Parce que çà va plus vite et qu'on a autre chose à faire. Parce que l'Europe comme avenir politique, au fond, il s'en fout comme de sa première promesse électorale
Il paraît qu'elle ne se faisait pas à la vie protocolaire de l'Elysée / Oh, arrête, si tu savais comme on s'en branle!
Cerise sur le gâteau: le présent traité élimine toute référence officielle à un drapeau et à un hymne européen. Exeunt, donc, la bannière étoilée ci-contre et, surtout, le final de la 9ème de Beethoven. Ça devait chiffonner la délégation polonaise, ce truc allemand, sûrement... Alors voilà, c'est fait: le peu qu'il restait du dépassement palpable des guerres et des massacres sur ce continent vient d'être sacrifié, au nom des susceptibilités nationalistes de démagogues ignares. Ne reste, pour le coup, qu'une Europe de petits boutiquiers chauvins, une Europe de marchands, et rien d'autre, vraiment. L'hymne à la joie, c'était un symbole, un beau. Oui mais voilà: les marchands n'entendent rien aux symboles, ils ne comprennent que les logos.
Ce compromis-là, je ne pardonnerai jamais à Sarkozy de l'avoir accepté.
Non mais, tu te rends compte, maintenant il va être tout seul... / Oh, mais tu nous les brise avec tes considérations "people"!
Quoique... L'Elysée refusa catégoriquement, il y a peu, que Cécilia comparaisse devant la Commission d'enquête de l'Assemblée Nationale sur la libération des otages de Kaddhafi. Argument à trente-deux cents du "palais": la séparation des pouvoirs. Comme si la femme du Président était dépositaire ne serait-ce que d'une once de pouvoir exécutif. Bon, ben maintenant qu'elle est redevenue une quidam à 100%, la Commission Moscovici va peut-être bientôt la convoquer. Et réaffirmer le pouvoir des élus. Le pouvoir de la séparation, en quelque sorte.
Allez, tchao.