Vous avez vu la dernière pub Carrefour, à la télé? Oui, parce que maintenant, les distributeurs aussi font de la pub à la télé, c'est vrai que çà manquait, avant... Bref, la pub Carrefour: on y voit un type (sympathique accent du sud-ouest genre putain'g con'g), éleveur de truites de son état, nous expliquer comment il fait çà tout bien, alimentation, conditions d'élevage, traçabilité, parce que vous comprenez, le monsieur, çà fait des années qu'il vend ses truites à Carrefour et que chez Carrefour les truites, hein, c'est sacré. D'ailleurs, tout au long du spot s'affiche à intervalles réguliers avec un petit "dring" un sceau marqué "Garantie Qualité Carrefour", c'est dire. Puis vient la dernière image: chez Carrefour, la truite qu'on a pris si grand soin à élever (tout juste si on ne lui donne pas des cours particuliers d'Anglais ou de piano), et bien on vous la fait à un Euro et cinquante cents. Le kilo, j'imagine, mais bon, quand même. Un Euro et cinquante cents. Merde, alors. Et l'éleveur, là-dessus, il touche combien? Cà, c'est pas dit dans la chanson. Mais bon, vous restent en tête les images du monsieur et franchement, il n'a pas l'air malheureux, on sent même qu'il y prend du plaisir, à bichonner sa poissecaille pour quelques dizaines de cents du kilo. Moins les frais de nourriture des bébêtes et d'entretien des bassins. Moins les salaires de ses employés et les charges qui vont avec (à moins qu'il n'emploie des clandestins). Moins les frais de transport parce que si çà se trouve il les livre lui-même, ses truites. Moins la pension alimentaire qu'il verse à cette salope qui s'est tirée parce qu'elle ne supportait plus l'odeur du poisson. Mais bon, heureux, il est, le monsieur.Un Breton né à Paris, ayant son foyer en Suisse mais expatrié temporairement au Maroc, qui se mêle de ce qui vous regarde. Sans logique aucune, en toute subjectivité.
mardi 5 février 2008
Si rien ne bouge...
Vous avez vu la dernière pub Carrefour, à la télé? Oui, parce que maintenant, les distributeurs aussi font de la pub à la télé, c'est vrai que çà manquait, avant... Bref, la pub Carrefour: on y voit un type (sympathique accent du sud-ouest genre putain'g con'g), éleveur de truites de son état, nous expliquer comment il fait çà tout bien, alimentation, conditions d'élevage, traçabilité, parce que vous comprenez, le monsieur, çà fait des années qu'il vend ses truites à Carrefour et que chez Carrefour les truites, hein, c'est sacré. D'ailleurs, tout au long du spot s'affiche à intervalles réguliers avec un petit "dring" un sceau marqué "Garantie Qualité Carrefour", c'est dire. Puis vient la dernière image: chez Carrefour, la truite qu'on a pris si grand soin à élever (tout juste si on ne lui donne pas des cours particuliers d'Anglais ou de piano), et bien on vous la fait à un Euro et cinquante cents. Le kilo, j'imagine, mais bon, quand même. Un Euro et cinquante cents. Merde, alors. Et l'éleveur, là-dessus, il touche combien? Cà, c'est pas dit dans la chanson. Mais bon, vous restent en tête les images du monsieur et franchement, il n'a pas l'air malheureux, on sent même qu'il y prend du plaisir, à bichonner sa poissecaille pour quelques dizaines de cents du kilo. Moins les frais de nourriture des bébêtes et d'entretien des bassins. Moins les salaires de ses employés et les charges qui vont avec (à moins qu'il n'emploie des clandestins). Moins les frais de transport parce que si çà se trouve il les livre lui-même, ses truites. Moins la pension alimentaire qu'il verse à cette salope qui s'est tirée parce qu'elle ne supportait plus l'odeur du poisson. Mais bon, heureux, il est, le monsieur.vendredi 11 janvier 2008
Le Chanoine et les Tartuffes
samedi 5 janvier 2008
Panne d'indécence
Comme chaque année depuis trente ans, la France s'apprêtait à vibrer au rythme de LA pulsation médiatique du mois de janvier: le rallye "Dakar". Et puis vlan, on apprend aujourd'hui que par suite de la menace "Al Qaida - Maghreb", l'épreuve est tout simplement annulée. Le gouvernement Mauritanien avait pourtant assuré que tout était sous contrôle, Nouakchott avait même prévu de déployer 4 000 soldats et autres agents de sécurité pour protéger les 2 500 participants à la "caravane", las: la mort dans l'âme, les organisateurs ont déclaré forfait.Cet événement suscite chez les "parties prenantes" de cette entreprise - en faillite, donc - des commentaires tout-à-fait remarquables: "Quels que soient les enjeux d’audience, les enjeux économiques, on n’a pas à engager la sécurité ou la vie de compétiteurs dans une épreuve sportive», déclarait hier Daniel Bilalian, Directeur des Sports chez France Télévision. Là-dessus Ari Vatanen, quadruple vainqueur de la course, déclare: «C'est très dur pour le sport, mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. On se rend compte (des effets) de la politique des pays occidentaux en Afrique depuis 50 ans". Précisant sa pensée (ahem), il ajoute: "Les gens sont tellement désespérés qu'ils s'abandonnent au terrorisme et aujourd'hui le rallye est pris en otage par les voyous, les terroristes et les fanatiques. Les pays africains sont rongés par la corruption mais nous avons une responsabilité" (propos cités par "Libération", 05/01/08).
Il y a des jours où on se dit qu'on est bien content d'avoir des yeux pour lire et des oreilles pour entendre. Entre les violences au Kenya, les troubles au Pakistan, les otages des FARC, les vacances de Sarko, l'actualité de ce début d'année était, comme souvent, désespérante. Et puis soudain une lueur dans le tunnel, une bouffée de joie dans cette vallée de larmes: d'une part l'annulation du "Dakar", d'autre part les commentaires que cette annulation suscite. Non, arrêtez, c'est presque trop.
Trente ans, il aura fallu trente ans pour que prenne fin cette "aventure" consistant à faire déferler pour quelques semaines un déluge de pognon, de technologie, de bruit, de déchets dans une des régions les plus pauvres du monde. Passons sur l'impact environnemental - même s'il n'est pas négligeable - du "Dakar", et arrêtons-nous sur l'essence même (si j'ose dire) de cet événement sportif: une course de bolides dans une nature difficile. Ah, les bonds fabuleux des motos dans les dunes, ah la terrible solitude de l'équipage d'un 4X4 en panne en plein désert, ah le joli nuage de poussière soulevé par les camions en maraude... Tout cela était d'une plastique incomparable et constituait un fabuleux réservoir d'images spectaculaires. C'était vraiment formidable, cette confrontation de couples homme-machine avec un environnement hostile. Et ce d'autant que nulle part et jamais, ou presque, n'apparaissaient sur le tableau de cet affrontement d'éléments "tiers" susceptible de distraire l'attention du spectateur, comme des humains locaux. Car on a beau être en plein désert, il faut se rendre à l'évidence: à un moment ou à un autre devrait se pointer dans le paysage un bipède, généralement très bronzé. Mais la nature même du "Dakar", en tant que spectacle, c'était justement de faire abstraction de l'humain. Le "Dakar" c'était une Afrique virtuelle, une Afrique sans Africains. Une Afrique-nature, sans culture ni histoire. A la limite, les épreuves auraient tout aussi bien pu se dérouler sur la Lune. Bien sûr de temps en temps on nous donnait à voir des foules locales en délire devant le passage des véhicules, bien sûr on déplorait parfois, une larme à l'oeil vite séchée, l'écrabouillement d'un gamin ayant eu la mauvaise idée de regarder la course de trop près, bien sûr il y avait ces images de touaregs regardant la course comme les vaches, les trains. Mais tout cela n'était qu'arrière-plan, effet collatéral de la course. L'Afrique du "Dakar" c'était un grand terrain de jeux pour adultes Blancs, un continent débarrassé, comme Disneyland, des incongruités du réel et de l'Histoire.
Mais le réel est têtu et l'Histoire vient de péter à la gueule de nos paysagistes pour gros cubes bardés de logos. "Al Qaida au Maghreb Arabe" attention, c'est du sérieux. Il paraît que ces joyeux drilles étaient équipés de lance-missiles (journal de France Inter, 05/01/08), et animés de l'intention de s'en servir contre la "caravane". Pas cool. Les morts du "Dakar" pouvaient être des victimes de la Noble Cause du Sport (Thierry Sabine et Daniel Balavoine en 1986, une cinquantaine de concurrents sur trente ans au total) voire de ces oeufs qu'il faut bien casser pour faire une omelette (une petite dizaine de gamins fauchés par les bolides durant toutes ces années), mais les missiles là, non, pas possible. Pourtant, en termes d'images-choc pour "Paris-Match", ç'aurait pu être bien, aussi... Plus sérieusement: Al Qaida, au Maghreb ou ailleurs, fait ici encore la preuve de son efficacité. Sans gaspiller une seule munition ni risquer la vie d'un seul de ses militants, par sa simple existence, l'organisation parvient à liquider un barnum comme le "Dakar". Bref, faire chier "l'Occident" sans se faire suer le burnous. L'Islamisme radical en armes, une réalité un peu plus difficile à évacuer, médiatiquement parlant, que la progression du désert, par exemple.
Celà étant, Ari Vatanen est sans aucun doute un grand champion de rallye, et possiblement un Député Européen acceptable, mais force est de constater que son analyse de la situation politique Africaine relève de la flatulence.
S'il est vrai que beaucoup d'Africains sont en mal d'espoir, s'il est vrai que la corruption est très répandue sur ce continent, s'il est vrai que la "politique des pays occidentaux" a pu et peut y être désastreuse, considérer "Al Qaida-Maghreb" comme un symptôme des ces problèmes, c'est une vaste blague. On sait que ce nom est la nouvelle dénomination du GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat), lui-même dernier avatar en date du GIA (Groupe Islamique Armé). En clair, "Al Qaida-Maghreb" est essentiellement un phénomène Algérien, Nord-Africain tout au plus. Les Africains "désespérés" sont plus nombreux à tenter la traversée de la Méditerranée sur des barcasses pourries qu'à rejoindre ce genre de groupe armé. Ari Vatanen, si çà se trouve, est parfaitement conscient de tout cela. Mais voilà: on lui a cassé son beau bac à sable, alors il s'énerve. Quoiqu'il en soit, comme aurait dit Audiard, si on met un jour les cons sur orbite, Ari Vatanen n'a pas fini de tourner.
Laissons de côté ce pauvre Daniel Bilalian... Cet événement que constitue la mort du "Dakar" ne manquera pas de susciter d'autres réactions débiles, j'attends avec impatience de savoir ce qu'en pense Johnny Halliday, par exemple.
Même si une "victoire" des barbus n'est jamais une bonne nouvelle, aujourd'hui prennent fin trente années de provocation. Les médias se retrouvent brutalement en panne d'indécence, bien fait pour leur gueule.
Allez, salut.
jeudi 3 janvier 2008
Abécédaire de fainéant
- A comme Animaux: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/02/mtaphores-animalires.html
- B comme Barre (Raymond) - bon d'accord, depuis, il est mort, mais c'est pas une raison: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/03/on-lavait-presque-oubli-celui-l.html
- C comme Centre (bof): http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/02/de-sondages-en-commentaires-mdiatiques.html
- D comme Déprime (temporaire) : http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/06/paint-it-black.html
- E comme Embrouille (permanente): http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/07/extension-du-domaine-de-la-flte.html
- G comme Gags: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/06/ruptures.html
- I comme Identité: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/03/le-hamster-identitaire.html
- J comme Jeu de cons: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/09/ps-le-temps-des-pisse-vinaigre.html
- K comme Kadhafi: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/07/des-mamours-mouammar.html
- L comme Libre entreprise: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/10/entreprendre-quils-disaient.html
- O comme Opportuniste: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/05/communiquons.html
- P comme Petit (score): http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/02/numro-5-le-parfum-de-la-france.html
- Q comme Qualité (douteuse): http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/08/quand-la-mondialisation-dconne-pleins.html
- R comme Reality (political) show: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/03/drives-populistes.html
- S comme Sarkozy, bien sûr: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/11/sarkoz-dans-le-poste.html
- T comme (Mère) Teresa: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/09/pt-de-foi.html
- U comme Union (Européenne): http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/10/leurope-par-le-bas.html
- X comme Xénophobie: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/04/diabolis-et-content-de-ltre.html
- Y comme Y a qu'à (faire payer les expats): http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/02/quand-strauss-kahn-pte-un-cble.html
- Z comme (Arche de) Zoé: http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/11/ils-sappelaient-faits-divers.html
A tout bientôt avec un vrai "papier", c'est promis!
mardi 18 décembre 2007
"Rénovation": c'est ç'ui qui dit qui y est
Un "leadership" qui marche, en démocratie en tout cas, c'est autre chose que le petit doigt sur la couture du pantalon et le "Silence des Agneaux" imposé par le loup. Parce que viendra un temps où le "génial leader", à force de s'occuper de tout à la place de tout le monde, finira par se prendre les pieds dans le tapis des mécontentements, malgré ses subtiles diversions. L'accueil cinq étoiles réservé à cette ordure de Kadhafi (combien de dirigeants démocratiques étrangers reçus aussi longtemps et avec autant d'égards?) commence à faire sérieusement grincer des dents? Zou, on nous sort la romance à Disneyland Paris: l'étoile de Sarko pâlit? Hop, Carla Bruni. (Oui je sais c'est un peu facile, mais j'ai pas pu m'en empêcher). C'est tellement gros que même Pujadas, sur France 2, s'en est aperçu. Sarkozy prend la majorité des citoyens pour des cons, ce n'est pas forcément un mauvais calcul a priori, à condition de ne pas le faire trop ouvertement et surtout d'assurer un minimum de service après-vente.
Des "idées", Sarkozy en a sur à peu près sur tout et n'importe quoi, et dans tous les sens, ses partisans - et les journalistes "amis" - sont priés de suivre et d'admirer très vite. On n'est pas loin d' un "Petit Livre Bleu" du Libéralisme-Colbertisme-Pensée-du-Président-Sarko, que les foules en délire brandiraient lors des meetings de l'UMP. Qui par ailleurs entend-on pour théoriser, mettre en perspective et en musique l'action présidentielle? Le groupe UMP à l'Assemblée? Le triumvirat à la tête du Parti? Le Premier Ministre? Des "think tanks" de Droite? Que nenni: un technocrate élu par personne, le "nègre" du Président, qui est à Sarkozy ce que Karl Rove fût à George W. Bush - son cerveau: Henri Guaino.
Le Sarkozysme, c'est un "leadership" qui écrase tout sur son passage, à coups de "Point de Vue - Images du Monde" s'il le faut, et des "idées" qui sont un salmigondis des desiderata du MEDEF et des trouvailles d'un gourou, un nobody tellement bavard qu'il réussit à parler en lieu et place de Kouchner, c'est dire. Pas sûr qu'on ait ici les éléments d'un développement durable, avec ou sans Borloo. En tout cas l'urgence d'une "rénovation" n'est pas nécessairement et exclusivement là où on le croit.
Alors le PS est peut-être en crise, mais l'UMP et ses filiales m'ont tout l'air d'être sous perfusion. Gare aux dosages, les mecs, et tâchez d'éviter les pannes de courant.
Là-desssus, je vous souhaite à toutes et à tous d'excellentes fêtes de fin d'année.
God Jul!