jeudi 15 février 2007

Un peu de politique, pour changer

Il n'a pas fallu trop longtemps au PS pour mettre au panier l'idée d'une "contribution citoyenne" des francais résidant à l'étranger. "Trop compliqué", a jugé Francois Hollande, d'après le Canard Enchaîné (14.02.07). Pourquoi "pliqué"?
De toute facon, on a appris entre-temps que Johnny allait bientôt pouvoir être belge, ce qui lui permettra ultérieurement de résider à Monaco. C'est bien connu: le plus court chemin pour aller sur la Côte-d'Azur quand on vient de Paris, c'est de passer par Bruges ou Anvers. Comme Monaco est une espèce d'OVNI juridique qu'aucune convention internationale n'affecte, à part la libre circulation des capitaux, l'idée de coincer Johnny-le-Sarkozyste devient irréalisable, à moins d'annexer Monaco.
Exeunt, donc, le projet imbécile et le chanteur opportuniste, à moins que ce ne soit l'inverse .

Le bruit médiatique se focalise ces jours-ci sur le fait que "malgré Villepinte", Ségolène Royal se fait toujours distancer dans "les sondages" (voir http://helvetia-atao.blogspot.com/2007/02/contre-les-sondages-tout-contre.html). Petite précision: les sondages qu'on nous sert ces jours-ci ont tous été réalisés lundi. Et nos amis commentateurs de s'esbaudir en choeur sur le fait que la "stagnation se confirme". Le show de dimanche et ses retombées n'ont pas influencé l'opinion mesurée lundi, c'est un fait. Quatre ou cinq instituts différents restituent un état de l'opinion comparable pour une mesure effectuée le même jour, la belle affaire.
Le truc, c'est que tous les instituts ne fournissent pas leurs données à tout le monde en même temps. Du coup, les commentateurs confondent - et cherchent à nous faire confondre - l'arrivée successive des données avec une succession d'événements. Dans la série: "quoi de neuf aujourd'hui sur la campagne de Ségolène?", on nous sert qu'entre hier et hier, l'état de l'opinion est resté constant. C'est ce qui s'appelle de l'information.

Là-dessus on nous développe la polémique sur le "chiffrage", sur lequel ni l'UMP ni le PS n'arrivent à communiquer un message clair: 30, 35, 38, 39 milliards d'Euros? Comme quoi on a beau avoir fait l'ENA, c'est pas un job facile, la Comptabilité Nationale. Toujours est-il qu'à droite comme à gauche on arrive à des ordres de grandeur comparables, mettons 35 milliards d'Euros. Bon. Mais plutôt que de nous créer de toutes pièces un "débat" autour du fait que machin a dit 38 alors que bidule a dit 35, ne serait-il pas un poil plus édifiant de réfléchir un tantinet sur les mesures qu'on nous propose ici et là?

Moi, par exemple, ça me fatigue d'entendre Nicolas Sarkozy nous expliquer qu'en travaillant plus les français vont gagner plus, alors que des millions de personnes ne demandent que ca, travailler plus, voire travailler tout court, mais qu'il se trouve que pas mal d'employeurs préfèrent offrir des CDD à temps partiel payés à coups de lance-pierres que des CDI à temps plein qui permettent de vivre dignement. Ça me fatigue qu'il nous parle d'"immigration choisie".

- "Bonjour, je m'appelle Diallo, j'ai un emploi et des diplômes, j'aimerais bien trouver un logement abordable à Neuilly

- Ah non, Monsieur, ça va pas être possible, nos 20% de logements sociaux, on a choisi de pas les construire

- Mais pourtant, je suis un immigré choisi

- Justement, vous avez le choix: Saint-Denis, Pantin, Sarcelles, la Goutte-d'Or..."

Ça me fatigue qu'il nous explique que lui s'est battu toute sa vie pour en arriver ou il est, alors qu'il a vu le jour dans un coquet hôtel particulier de Neuilly, justement.
Alors certes "il passe bien", certes sa campagne est aujourd'hui plus "dynamique" que celle de Ségolène Royal. Mais si on arrêtait, juste un moment, de confondre les talents de communication avec la qualité des propositions, ça m'arrangerait. Ce n'est pas parce qu'une connerie est assénée avec force qu'elle devient une idée lumineuse. Enfin moi, je trouve.
Et si on se mettait à parler politique, pour changer?
Allez, tchao

3 commentaires:

erasme de metz a dit…

Pas mieux (et surtout je l'aurais moins bien dit)

Anne-Marie a dit…

Ciao Riwal,
J'avais zappé la sage décision du bien nommé Hollande de tirer un trait sur notre potentielle contribution citoyenne. Dis-donc, on a failli renoncer à notre citoyenneté, nous, et partir sans état d'âme s'installer chez le Prince Albert pour lui chanter Que je t'aime.
Bon.
Ce midi j'ai entendu Jacques Séguéla s'exprimer sur France Inter au sujet de l'image des politiques et de leurs modes de communication. Rien de bien neuf sous le soleil séguélaire depuis la force tranquille, mais une chose restera de son intervention : il faut être crédible (autrement dit avoir une programme concret qui tienne un tant soit peu la route) AVANT de chercher à séduire. Qu'on le leur dise !
Bises
Am Belcari

Riwal a dit…

Salut Anne-Marie,

Ah, Séguéla... Je crois que lui non plus n'en revient pas, de sa "force tranquille" (un slogan emprunté à Léon Blum, sur un visuel inspiré de l'icômographie pétainiste, quelle créativité, le Jacquot!). Certes il faut avoir quelque chose à dire avant de savoir comment le dire, c'est une évidence... Mais venant d'un Séguéla (qui, rappelons-le, a foiré la campagne de Jospin en 2002), derrière ce soudain accès de lucidité, je décèle le discours récurrent des agences de Pub: Quand cà marche, c'est grâce à la campagne, quand cà ne marche pas, c'est à cause du produit. Bref tu l'auras compris, je ne suis pas un grand fan de Séguéla, je me demande pourquoi on lui demande son avis, à celui-là: puisqu'il faut être crédible avant de communiquer, qu'il la ferme donc un moment...

Bises